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Le poney Andalou

 Laissez-moi crever sur ma chaise à bascule!

C´est une vieille pièce à l´aspect  moisie dont j´ai hérité à la mort d´un parent éloigné. Elle est démodée et parfois je m´y sens mal à l´aise. Elle grince. Elle gémit. Elle bat et cogne parfois sans mesure sur les lames du parquet. Et il n´y a que  mes souvenirs pour me donner alors quelque répit.

Mais c’est une balançoire pratique. Elle est coloriée (colorée ? ) et assez légère à manoeuvrer.  Je l’ai placée sous la véranda, aux pieds des lilas en fleurs, qui (eux aussi )aussi n´en finissent pas de mourir mais chaque matin trouvent la force de renaître un peu.

 Laissez-moi donc crever sur mon poney andalou! Il n’est pas plus instable que vos lourds fauteuils capitonnés. Ils sont bourrus. Ils sont mous et patchworkés. Vous vous y enfoncez toujours, ridicules; et semblez ne jamais devoir vous en relever. Je pars quand à moi, au galop, au pas, ou au trop. Hu da! Rossinante! Bois devant! Et fouette cocher!

 Je frémis, je balance et j’oscille. Je marmonne aussi. Des refrains, des comptines et des chansons. Dans la langue de Machado de Assis oblige. Shakespeare m´ennuie. Les moulins eux m´affolent. En permanence, au vent, je cherche un nouveau point d’équilibre. “ Olha pra o ceu... tire o teu chapéu... pra quem vi a estrela nova que nasceu...1

 Et quand le soleil est à son zénith, je prends appui sur les ombres qui le fuientmais) en vain. Elles rebondissent. Elles étincellent. Mon destrier ainsi à une robe éblouissante. Et je pleure parfois de joie à nous voir ainsi parader.

 Ne tentez pas de me retenir. Je le connais votre petit manège. Il est si étriqué. Vous n’y parviendrez pas. Vous ne pourrez plus m´enfermer. Ni rien encore  ni rien partout

 Il faudrait vous livrer de vos liens, de ces longes qui vous entravent. Ils sont si pathétiques vos petits saltos risibles. Vous êtes trop peu vivants pour me retenir. Sur votre piste, voilà longtemps qu´il n´y a plus d´étoiles. mouais

Je suis d´ailleurs déjà trop loin! À chaque retour sur mon balancier, chaque fois, un peu plus, je calvacade...

 

1“Regarde vers le ciel, enlève ton chapeau, pour qui vit l´étoile nouvelle qui est née...” Chanson et Texte de Belchior

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Portrait de Patrick Packwood
Contributions:
Touchant...

...dans ce qu'il évoque par le non-dit.  À chaque mot, un peu plus, je cavalcade. Clin d'œil


Petit détail: dans l'avant-dernier paragraphe, est-ce que ce ne serait pas "Il faudrait vous livrer de vos liens..." plutôt que "Il faudrait vous livrer de vos liens..."

Portrait de xaba
Contributions:
je maintiens vous livrer... à

je maintiens vous livrer... à peine pour le rythme de la phrase

un jour sans doute

Portrait de MiKla
Contributions:
Du bon, du beau...

Dubonnet. J'aime beaucoup ouida, olé, encore plus givré que Don Quichotte ! Tu tiens au "ET" dans :

"Ni rien encore et ni rien partout" ?

MiKla

Portrait de Catplume
Contributions:
AH OUI TRES BIEN !

AH OUI TRES BIEN !

 

Portrait de xaba
Contributions:
reponse a Mikla: non je n´y

reponse a Mikla: non je n´y tiens pas à celui là...

un jour sans doute

Portrait de MiKla
Contributions:
Alors vire-le, il nuit au

Alors vire-le, il nuit au rythme

MiKla

Portrait de Catplume
Contributions:
ben tu les vires vite les

ben tu les vires vite les propositions qu'on te fait !!! (je ne vois plus les miennes en gris)

 

Contributions:
Lire

*Texte court-  à lire ce soir

 

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J'aime le côté pathétique, ironique et vivant, de ce texte

 


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