J’ai déjà eu le matériel nécessaire pour bâtir un avenir mais il manquait toujours une vis, un bardeau, un outil. J’ai fini par en faire une sculpture aussi belle qu’inutile. Je vis à la dérive. J’écris sans projet, sans idée, sans plan, un peu n’importe comment, n’importe où, les bancs de parc, les chaises musicales, les cimetières, les tables de multiplication, les sièges de toilette, les draps défaits d’un ruisseau. Le vent jette aux orties les paroles de l’air.